Comment éliminer les odeurs corporelles : ce qui marche vraiment
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Une phrase explique presque tout : la sueur ne sent pas. Ce qui sort de l’aisselle est quasiment inodore au moment où il arrive. L’odeur est fabriquée par les bactéries de la peau qui s’en nourrissent — et il leur faut plusieurs heures avant que les composés odorants apparaissent.
Ce seul fait répond à la plainte la plus fréquente : « je me douche plus que tout le monde et je sens quand même ». La douche élimine les bactéries et les molécules odorantes présentes à cet instant ; les deux reviennent en quelques heures. Un résultat durable demande trois leviers actionnés ensemble :
- Réduire la charge bactérienne (façon de se laver, lavage antibactérien, pilosité),
- Réduire leur nourriture (un anti-transpirant qui diminue la quantité de sueur),
- Changer la surface qui retient l’odeur (textiles et entretien du linge).
Ci-dessous : comment l’odeur se forme réellement, un plan efficace en 24 heures, la bonne façon d’utiliser un anti-transpirant (l’erreur la plus répandue), ce que valent la pierre d’alun et les remèdes naturels, et les causes médicales d’une odeur qui ne part pas.
Comment se forme l’odeur corporelle
Il existe deux types de glandes sudoripares, et une seule intervient dans l’odeur.
| Glandes eccrines | Glandes apocrines | |
|---|---|---|
| Où | sur tout le corps | aisselles, aine, aréoles |
| Quand | chaleur et effort | après la puberté ; stress et émotion |
| Composition | surtout eau et sel | riche en lipides et protéines |
| Odeur | très faible seule | sent une fois dégradée par les bactéries |
La chimie est aujourd’hui connue jusqu’à l’enzyme. La sueur apocrine transporte une molécule précurseur inodore (Cys-3M3SH). Une bactérie de l’aisselle, Staphylococcus hominis, la clive grâce à une enzyme appelée PatB et libère des thioalcools, dont le 3M3SH — des composés soufrés que le nez détecte à des concentrations minuscules. Une équipe de l’université de York a identifié cette enzyme en 2020. L’« odeur corporelle » est donc le produit d’un travail très précis effectué par quelques espèces bactériennes.
S’y ajoutent les Corynebacterium, qui découpent les acides gras en fragments à l’odeur âcre.
Conséquence pratique : l'odeur dépend du temps passé par la sueur en compagnie des bactéries, pas de la quantité de sueur. Deux personnes peuvent transpirer autant et une seule sentir. D'où l'inefficacité relative de « trois douches par jour » face à moins de bactéries + moins de sueur + un autre textile.
Pourquoi certaines personnes ne sentent jamais : l’indice du cérumen
C’est la partie la moins connue et la plus explicative. Un seul gène, ABCC11, détermine à la fois le type de cérumen et l’existence d’une odeur axillaire :
- Cérumen humide, collant, brun-jaune → sécrétion apocrine active → odeur possible.
- Cérumen sec, friable, grisâtre → sécrétion très faible → une odeur marquée ne se développe généralement pas.
Ce n’est pas une croyance : chez des patients consultant pour osmidrose axillaire, 98,7 % portaient le génotype associé au cérumen humide, présent chez seulement un tiers environ de la population générale étudiée. L’allèle « sec » est fréquent en Asie de l’Est et rare chez les personnes d’ascendance européenne ou africaine.
Utilisez-le comme indice : si votre cérumen est sec et que vous percevez malgré tout une odeur nette, les aisselles ne sont probablement pas la source — regardez du côté des pieds, de l’aine, du cuir chevelu, des vêtements, ou d’une cause médicale.
Comment savoir si l’on sent ?
On ne perçoit pas sa propre odeur, car le nez cesse d’enregistrer une odeur constante (adaptation olfactive). Ce qui fonctionne :
- Test du mouchoir. Pressez un mouchoir en papier propre et non parfumé 5 à 10 secondes sous l’aisselle, retirez-le, attendez quelques minutes, puis sentez. La pause réinitialise le nez.
- Test du tee-shirt. Mettez le tee-shirt porté toute la journée dans un sac, ouvrez-le 15-20 minutes plus tard.
- Test du matin. Avant la douche, sentez l’oreiller et le vêtement de nuit.
- Demandez à quelqu’un d’honnête. Cela reste la méthode la plus fiable.
Le cas inverse existe. Si personne autour de vous ne remarque rien et que vous restez convaincu de sentir, il peut s'agir d'un syndrome de référence olfactive : un trouble réel et handicapant dont la solution n'est pas un déodorant plus fort mais un accompagnement médical. Signe distinctif : plusieurs personnes de confiance disent, séparément, ne rien sentir.
Le plan en 24 heures
- Se laver deux fois par jour au savon ou au gel douche. L’eau seule ne suffit pas : les bactéries logent dans le film lipidique. Ciblez aisselles, aine et pieds.
- Bien sécher. Une peau humide est le milieu idéal des bactéries, surtout entre les orteils et dans les plis.
- Appliquer l’anti-transpirant le soir (voir plus bas).
- Mettre des vêtements propres. Le tee-shirt d’hier porte des bactéries même s’il paraît propre.
- Changer de matière : coton, laine, soie, ou un vrai textile technique respirant.
- Changer de chaussettes deux fois par jour, laisser les chaussures reposer un jour entier.
- Raccourcir les poils des aisselles. Le poil retient sueur et bactéries en surface.
- Réduire ce jour-là ail, épices fortes et alcool.
Chez la plupart des gens, cela suffit à créer une différence nette en quelques jours. Sinon, le problème vient généralement du choix du produit — ou d’une cause sous-jacente.
Déodorant ou anti-transpirant ? Ce n’est pas la même chose
| Déodorant | Anti-transpirant | |
|---|---|---|
| Action | freine les bactéries, masque l’odeur | bouche les canaux sudoripares, réduit la sueur |
| Actif | agents antibactériens, parfum | sels d’aluminium (chlorhydrate, chlorure) |
| Réduit la transpiration | non | oui |
| Pour qui | transpiration légère, odeur discrète | transpiration importante, odeur nette |
Quand l’odeur pose réellement problème, c’est en général un anti-transpirant qu’il faut. Le déodorant seul laisse intacte la nourriture des bactéries.
Le changement qui règle la majorité des cas : appliquer le SOIR. Les sels d'aluminium agissent en formant un bouchon à l'orifice du canal sudoripare, ce qui suppose une peau sèche et une transpiration minimale — donc l'heure du coucher. La consigne de l'American Academy of Dermatology est explicite : appliquer sur peau sèche avant de se coucher et laisser sécher complètement. La douche du matin n'annule pas l'effet : le bouchon est à l'intérieur du canal. On applique chaque soir jusqu'à contrôle de la transpiration (souvent quelques semaines), puis une à deux fois par semaine.
Deux précisions : il n’est pas nécessaire de laver la peau avant (cela peut même irriter), et appliquer sur une peau moite gaspille le produit. En cas d’irritation, espacez les applications et demandez conseil à votre pharmacien ou médecin.
Quand les produits classiques ne suffisent pas
- Étape 1Anti-transpirant fort ou sur ordonnance. Le chlorure d'aluminium (souvent en solution à 20 %) est l'escalade habituelle. L'effet devient net en 1 à 2 semaines ; les effets indésirables courants sont sécheresse et irritation.
- Étape 2Ionophorèse. Surtout pour les mains et les pieds : courant de faible intensité dans une eau peu profonde. Séances de 20 à 30 minutes, d'abord quotidiennes ou tous les 2-5 jours, puis une fois par semaine ou par quinzaine en entretien.
- Étape 3Injections de toxine botulique. Elles bloquent le signal nerveux vers les glandes. L'effet apparaît en 7 à 10 jours et dure 3 à 10 mois aux aisselles et aux mains, 3 à 6 mois aux pieds.
- Étape 4Traitement par voie orale. Envisagé quand la transpiration touche plusieurs zones. Effet indésirable principal : la bouche sèche ; comme on transpire moins, le risque de surchauffe augmente par temps chaud.
- Dernier recoursChirurgie. La zone opérée cesse de transpirer, mais le corps compense ailleurs. C'est pourquoi elle reste rare.
Les lavages antibactériens aident-ils ?
Réponse courte : ils réduisent l’odeur, pas la transpiration.
La chlorhexidine est un antiseptique : elle diminue le nombre de bactéries à la surface de la peau. Puisque ce sont elles qui fabriquent l’odeur, moins de bactéries signifie moins d’odeur. En dermatologie, on utilise exactement cette logique dans la bromhidrose : savons antiseptiques et lavages au peroxyde de benzoyle limitent les bactéries qui dégradent les sécrétions apocrines. La pyrithione de zinc appartient au même groupe.
- Ils font : baisser la charge bactérienne et réduire nettement l’odeur. Associés à un anti-transpirant, deux maillons sont rompus.
- Ils ne font pas : diminuer la quantité de sueur. Seuls, l’humidité persiste.
- Précautions : éviter le contact avec les yeux et les oreilles ; un usage prolongé peut provoquer sécheresse, irritation et, rarement, des réactions allergiques. Le peroxyde de benzoyle décolore les textiles — utilisez des serviettes blanches.
- À utiliser en lavage : on laisse agir brièvement puis on rince ; ce ne sont pas des produits à laisser sur la peau.
Vêtements et lessive : le maillon oublié
La même personne, le même jour, peut sentir différemment selon le tee-shirt. C’est mesuré.
À l’université de Gand, 26 personnes ont suivi un cours de spinning en tee-shirt polyester ou coton. Les tee-shirts ont ensuite été conservés 28 heures puis évalués par un jury olfactif indépendant : les polyesters sentaient nettement plus mauvais. L’explication est microbiologique — sur le polyester, les Micrococcus, connus pour transformer acides gras et acides aminés en petits composés malodorants, devenaient dominants ; pas sur le coton.
Conséquences :
- Au quotidien : coton, laine, soie. La laine sent moins que le polyester, y compris en tenue de sport.
- Ne jamais remettre une tenue de sport et ne pas la laisser humide dans un sac.
- Le lavage à froid (30 °C et moins) ne détruit pas les bactéries de façon fiable. Faites tremper une heure dans quatre volumes d’eau pour un de vinaigre blanc, ou lavez de temps en temps à 60 °C si l’étiquette le permet.
- Moins d’adoucissant : ses résidus enrobent les fibres synthétiques et fixent l’odeur.
- Aérez la machine. Une machine laissée fermée héberge des bactéries qui passent ensuite sur le linge propre.
- Les auréoles jaunes et rigides sous les bras mélangent sueur, anti-transpirant et résidus de lessive : frottez-les au bicarbonate avant lavage.
L’alimentation change-t-elle vraiment l’odeur ?
Oui, mais moins qu’on ne le croit. Les composés soufrés de certains aliments passent dans le sang et ressortent par la sueur et l’haleine :
| Effet net | Effet moyen | Discuté |
|---|---|---|
| Ail, oignon, poireau | viande rouge | café |
| Épices fortes, curry, cumin | crucifères (brocoli, chou-fleur, chou) | produits laitiers |
| Alcool | poisson (chez certains) | sucre |
Cadrage réaliste : l’alimentation modifie le caractère et l’intensité de l’odeur, pas son existence. Réduire ail et alcool dans les 24 heures avant un rendez-vous important est judicieux ; ce n’est pas une solution en soi. Boire de l’eau ne « rince » pas l’odeur non plus.
D’où vient l’odeur ?
- Aisselles. Centre des glandes apocrines. Trio standard : anti-transpirant, poils raccourcis, fibre naturelle.
- Pieds. Sueur eccrine dans une chaussure fermée et humide. Chaussettes deux fois par jour, chaussures au repos 24 heures, bicarbonate à l’intérieur, séchage entre les orteils. Si l’odeur résiste, penser à la kératolyse ponctuée (petits cratères sur la plante).
- Aine. Plis et humidité. Lavage quotidien, séchage soigneux, sous-vêtements en coton ; pas d’anti-transpirant ici.
- Cuir chevelu et cheveux. Les cheveux fixent l’odeur de tabac et de cuisine en plus de leur propre sébum.
- Nombril et sous les seins. Deux plis souvent oubliés : gant savonneux puis séchage.
- Bouche. Ce que l’on prend pour une odeur corporelle est parfois une mauvaise haleine ; brosser le dos de la langue change déjà beaucoup.
Pourquoi l’odeur est souvent plus marquée chez l’homme
- L’activité apocrine augmente avec la testostérone : l’odeur s’affirme après la puberté.
- La pilosité est plus dense — le poil maintient la sueur en surface et offre davantage de support aux bactéries.
- Le volume de sueur est en moyenne plus élevé.
D’où trois mesures : passer à l’anti-transpirant, raccourcir les poils, changer de matière. Ajoutez le rinçage de la barbe après les repas et l’alternance de deux paires de chaussures.
Chez la femme : cycle, grossesse, ménopause
- Cycle menstruel : volume de sueur et perception de l’odeur varient autour de l’ovulation et avant les règles.
- Grossesse : transpiration accrue et odorat aiguisé — beaucoup de femmes remarquent alors leur propre odeur pour la première fois.
- Ménopause : les bouffées de chaleur provoquent une transpiration brutale ; l’odeur en découle.
- Contraception hormonale et certains médicaments modifient la transpiration.
Odeur forte et persistante : les causes médicales
Si les bons produits sont utilisés correctement et que l’odeur persiste, la question n’est plus l’hygiène mais le diagnostic.
| Cause | Caractère de l’odeur | Indice |
|---|---|---|
| Érythrasma | âcre, de moisi ; aisselles et aine | plaque brun-rouge, finement squameuse, bien limitée |
| Triméthylaminurie | odeur de poisson | ne part pas au lavage ; majorée par certains aliments |
| Acidocétose diabétique | fruitée, acétone | soif intense, faiblesse — urgence |
| Maladie hépatique ou rénale | ammoniac ou moisi | autres signes généraux |
| Hyperthyroïdie | secondaire à la transpiration | palpitations, amaigrissement, intolérance à la chaleur |
| Médicaments | variable | certains antidépresseurs augmentent la transpiration |
Deux méritent un détail.
L’érythrasma est une infection cutanée superficielle à Corynebacterium minutissimum : plaques brun-rouge finement squameuses aux aisselles, à l’aine, sous les seins et entre les orteils, avec une odeur nette. Astuce diagnostique : sous lampe de Wood, la lésion fluoresce en rouge corail, la bactérie produisant des porphyrines. Le traitement est un antibiotique local ou oral — cette odeur cède à une ordonnance, pas à un déodorant.
La triméthylaminurie (« syndrome de l’odeur de poisson ») vient d’un déficit de l’enzyme FMO3 : la triméthylamine issue d’aliments riches en choline n’est pas dégradée et s’élimine par la sueur, l’haleine et les urines. Il n’existe pas de guérison, mais les symptômes s’atténuent en limitant œufs, abats, légumineuses, crucifères, soja et certains produits de la mer, sous supervision.
Quand consulter ? Si l'odeur persiste malgré des mesures d'hygiène bien conduites et qu'elle vous affecte ; si son caractère a nettement changé ; ou si elle s'accompagne d'une transpiration inhabituellement augmentée. Une haleine fruitée ou acétonique d'apparition brutale avec soif intense et faiblesse relève de l'urgence. Cet article informe et ne remplace pas un avis médical.
Remèdes naturels : la pierre d’alun et les autres
| Remède | Action | Attente réaliste |
|---|---|---|
| Sauge (en infusion) | usage traditionnel contre la transpiration excessive, reconnu en Europe comme usage traditionnel | peut réduire un peu la transpiration ; pas un traitement |
| Pierre d’alun | freine les bactéries en surface | réduit l’odeur, pas l’humidité |
| Vinaigre de cidre dilué | abaisse le pH cutané | effet léger et bref |
| Huile essentielle d’arbre à thé diluée | antibactérienne | peut aider ; cause fréquente d’irritation et d’allergie |
| Bicarbonate de soude | neutralise l’odeur | irritant sur la peau ; mieux placé dans la chaussure |
| Citron | acide | risque de brûlure et de taches au soleil — pas sous les bras |
Idée reçue très répandue en France : « la pierre d'alun est l'alternative sans aluminium ». L'alun est lui-même un sel d'aluminium (sulfate double d'aluminium et de potassium) ; y passer pour éviter l'aluminium est contradictoire. Ce n'est pas non plus un anti-transpirant : elle ne bouche pas les canaux, elle freine seulement les bactéries de surface. Quant à l'inquiétude sur l'aluminium : l'institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) a actualisé sa position en 2020 après des études humaines de 2016 et 2019 — l'absorption cutanée d'aluminium est bien plus faible qu'estimé auparavant et un effet nocif de l'usage quotidien d'anti-transpirants au chlorhydrate d'aluminium est jugé improbable.
Sentir bon, pas seulement ne rien sentir
- D’abord supprimer l’odeur. Le parfum ne la couvre pas : il s’y ajoute.
- Superposer dans la même famille : gel douche → lait corporel → brume légère. Le lait donne au parfum de quoi s’accrocher ; une peau sèche le relâche vite.
- Appliquer sur les points de pulsation (poignets, côtés du cou, pli du coude) sans frotter.
- Ne pas oublier cheveux et vêtements. L’essentiel de ce qu’une pièce perçoit vient du textile.
- Changer les draps chaque semaine. L’« odeur du matin » vient souvent de l’oreiller.
- Doser moins. En espace clos, l’excès de parfum gêne autant que le problème qu’il masque.
Douze erreurs fréquentes
- Appliquer l’anti-transpirant le matin sur peau humide.
- Confondre déodorant et anti-transpirant.
- Couvrir l’odeur avec du parfum.
- Se laver à l’eau seule.
- Mal se sécher.
- Remettre un vêtement, surtout synthétique.
- Porter les mêmes chaussures tous les jours.
- Utiliser bicarbonate, citron et vinaigre purs et souvent.
- Abandonner l’anti-transpirant au bout de trois jours.
- Croire que l’épilation totale supprime l’odeur.
- Prendre une odeur persistante pour un défaut d’hygiène.
- S’alarmer d’une odeur chez l’enfant à la puberté.
Questions fréquentes
Comment éliminer les odeurs corporelles ? Trois leviers ensemble : moins de bactéries (deux lavages au savon par jour, lavage antibactérien si besoin), moins de sueur (anti-transpirant le soir) et un meilleur textile (coton ou laine propres). Différence nette en 1 à 2 semaines chez la plupart des gens.
Qu’est-ce qui enlève l’odeur corporelle ? Le duo le plus efficace est anti-transpirant + lavage antibactérien, avec des vêtements propres en fibres naturelles. Le parfum ne supprime pas l’odeur.
Pourquoi la sueur sent-elle ? Elle ne sent pas. Les bactéries de la peau, en particulier Staphylococcus hominis, dégradent des précurseurs inodores de la sueur apocrine et libèrent des thioalcools soufrés.
Quand appliquer un anti-transpirant ? Le soir, avant le coucher, sur peau sèche. La transpiration est alors minimale et les sels d’aluminium peuvent former un bouchon. La douche du matin n’annule rien.
En combien de temps un anti-transpirant agit-il ? En général 1 à 2 semaines. Chaque soir jusqu’au contrôle, puis une à deux fois par semaine.
Quelle différence entre déodorant et anti-transpirant ? Le déodorant cible l’odeur ; l’anti-transpirant réduit la quantité de sueur grâce aux sels d’aluminium. En cas de vrai problème d’odeur, c’est l’anti-transpirant qu’il faut.
La pierre d’alun est-elle sans aluminium ? Non : c’est un sulfate double d’aluminium et de potassium, donc un sel d’aluminium. Ce n’est pas non plus un anti-transpirant.
La pierre d’alun est-elle efficace ? Elle freine les bactéries de surface et réduit donc l’odeur, mais elle ne diminue pas la transpiration.
L’aluminium des anti-transpirants est-il dangereux ? L’institut allemand BfR a conclu en 2020, sur la base de nouvelles études humaines, que l’absorption cutanée est bien plus faible qu’estimé et qu’un effet nocif de l’usage quotidien est improbable.
La chlorhexidine aide-t-elle ? Indirectement : elle réduit les bactéries, donc l’odeur, mais pas la transpiration. À utiliser en lavage, en évitant yeux et oreilles.
Comment savoir si je sens ? Le nez s’habitue à sa propre odeur. Pressez un mouchoir propre sous l’aisselle, attendez quelques minutes et sentez ; ou enfermez le tee-shirt de la journée dans un sac et ouvrez-le 15-20 minutes plus tard.
Pourquoi l’odeur corporelle change-t-elle ? Puberté, hormones, cycle, grossesse, ménopause, alimentation, stress, poids, médicaments et certaines maladies modifient intensité et caractère.
Pourquoi certaines personnes ne sentent-elles rien ? Une variation unique du gène ABCC11 détermine le type de cérumen et la sécrétion apocrine. Avec un cérumen sec, l’odeur marquée n’apparaît généralement pas.
Comment un homme peut-il éliminer les odeurs corporelles ? Les mêmes trois étapes, appliquées avec constance : anti-transpirant le soir, poils raccourcis, fibres naturelles.
Que faire contre une odeur corporelle très forte ? Deux semaines de produits adaptés. Sans résultat, consultez : anti-transpirant sur ordonnance, ionophorèse, toxine botulique, traitement oral.
Pourquoi mon odeur ne part-elle pas ? Les deux causes les plus manquées sont l’érythrasma (fluorescence rouge corail sous lampe de Wood) et la triméthylaminurie. Diabète, maladies hépatiques et rénales, hyperthyroïdie et certains médicaments interviennent aussi.
Je sens le poisson, pourquoi ? Une odeur de poisson qui ne part pas au lavage peut évoquer une triméthylaminurie. Consultez pour le diagnostic et l’accompagnement diététique.
Quelles matières sentent le moins ? Coton, laine, soie. Dans une étude, les tee-shirts en polyester portés à l’effort et conservés 28 heures sentaient nettement plus mauvais que ceux en coton.
Comment enlever l’odeur des vêtements de sport ? Trempage d’une heure dans quatre volumes d’eau pour un de vinaigre blanc, moins d’adoucissant, lavage occasionnel à 60 °C si l’étiquette l’autorise, et jamais de tenue humide laissée dans un sac.
Se raser les aisselles supprime-t-il l’odeur ? Cela la réduit sans la supprimer. Raccourcir vaut souvent mieux que raser : l’irritation du rasage peut augmenter la charge bactérienne.
Comment supprimer l’odeur des pieds ? Laver et sécher deux fois par jour, y compris entre les orteils, changer de chaussettes deux fois par jour, laisser les chaussures reposer 24 heures et y saupoudrer du bicarbonate.
L’odeur corporelle chez l’enfant est-elle normale ? Les glandes apocrines s’activent à la puberté ; l’odeur est alors attendue. Si elle apparaît très tôt, consultez.
Sources
- NHS — Body odour (BO). https://www.nhs.uk/conditions/body-odour-bo/
- NHS — Excessive sweating (hyperhidrosis). https://www.nhs.uk/conditions/excessive-sweating-hyperhidrosis/
- American Academy of Dermatology — Hyperhidrosis: diagnosis and treatment. https://www.aad.org/public/diseases/a-z/hyperhidrosis-treatment
- Rudden M. et coll., Scientific Reports (2020) — The molecular basis of thioalcohol production in human body odour. https://www.nature.com/articles/s41598-020-68860-z
- Université de York — Life in the pits: scientists identify the key enzyme behind BO. https://www.york.ac.uk/news-and-events/news/2020/research/enzyme-body-odour/
- Nakano M. et coll. — A strong association of axillary osmidrosis with the wet earwax type determined by genotyping of the ABCC11 gene. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2731057/
- Callewaert C. et coll., Applied and Environmental Microbiology (2014). https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4178636/
- International Hyperhidrosis Society — Antiperspirant basics. https://www.sweathelp.org/hyperhidrosis-treatments/antiperspirants/antiperspirant-basics.html
- DermNet — Erythrasma. https://dermnetnz.org/topics/erythrasma
- Cleveland Clinic — Trimethylaminuria (fish odor syndrome). https://my.clevelandclinic.org/health/diseases/22356-trimethylaminuria-fish-odor-syndrome
- BfR — Aluminium dans les anti-transpirants : réévaluation du 20 juillet 2020. https://www.bfr.bund.de/de/fragen_und_antworten_zur_bfr_neubewertung_vom_20__juli_2020_von_aluminium_in_antitranspirantien-252646.html
- EMA / HMPC — Assessment report on Salvia officinalis L., folium. https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-report/final-assessment-report-salvia-officinalis-l-folium-and-salvia-officinalis-l-aetheroleum-revision-1_en.pdf

